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  Dimanche 20 Mai 2012  
 
 
L'histoire complète du Rink Hockey
Extrait du dossier associatif de 2ème année de DEUG STAPPS, rédigé par Romain Caillaud

Qu'est-ce que le Rink-Hockey ?


Ce sport, comme son nom ne l'indique pas, est du hockey sur patins à roulettes traditionnels à 4 roues, appelés quads. Il se pratique sur un terrain de 40 sur 20 mètres avec des crosses de 1m10 de long et une balle de 155g environ. Chaque équipe est composée de 4 joueurs de champs et d'un gardien de but, et autant de remplaçants, s'affrontant pendant 2 mi-temps de 25 minutes (Le temps est décompté comme au basket-ball). Hormis l'équipement du gardien qui est spécial, les protections des joueurs de champs se limitent au port de jambières, genouillères et d'une coquille. A la différence du hockey sur glace, les contacts violents sont prohibés et contrairement au hockey sur gazon, les crosses sont plates et jouables des deux côtés. A noter que l'équipe de France est devenue en 2001 la 5ème nation de l'élite mondiale.

La création du patin à roulettes


Avant de parler des premières traces du Rink-hockey, il faut tout d'abord s'interroger sur l'origine du patin à roulettes. Le premier à avoir fabriqué un patin était un hollandais du nom de Van LEDE vers le début du 17ème siècle. Cet instrument qui se composait d'un nombre indéterminé de roulettes positionnées en une seule ligne n'a eu qu'une faible influence. En mai 1760, l'idée du patin à roulettes a été reprise par Joseph MERLIN de HUY (en Belgique) où il fit une démonstration à Londres de ce qu'il croyait son invention ; mais la portée de son idée n'a pas été au-delà de ses espérances puisque après ce jour, nous n'avons plus entendu parlé de patins à roulettes.

Plusieurs années plus tard, le 12 novembre 1819, le français PETITBLED dépose un nouveau brevet toujours sur le même principe du patin en ligne. Enfin, le 26 juillet 1828 M. GARCIN dépose un nouveau brevet d'un appareil à trois roues en ligne dont deux aux extrémités et une plus grande au centre. Il faut remarquer que jusqu'alors le principe du patin à roulettes était toujours de la forme du patin à glace d'aujourd'hui. C'est le 31 juillet 1869, où le français nommé LEGRANGE, modeste mécanicien, songe à mettre quatre roues à chaque pied des ballerines qui interprétaient "PROPHETE" de Giacomo MEYER BEER. Il fait ainsi applaudir la chorégraphie sur patins à roulettes qui entre par la grande porte de l'opéra de Paris. Cette date relance l'intérêt du patin aux yeux de la population, à tel point que plusieurs personnes modifient le concept du patin.

Dans les premières années de l'après guerre 1914-18, le patin "CHEVREAU" à chenille fit son apparition. On peut aussi citer le "ATYCYCLE" qui était un patin mono roue où la personne s'aidait de bâton pour se propulser, comme un skieur. Plus tard, le patin "BEYGNIER" vit le jour. Ce patin avait exactement l'apparence du patin à glace, mais n'avait pas la même légèreté étant donné que de nombreux galets d'aciers étaient maintenus dans l'épaisseur de la lame. Enfin, le patin "FULGUR" de M. PRETOT, le dernier essai connu dans cet ordre d'idée révolutionnaire était composé de trois roues caoutchoutées à bandages pleins.

Mais seul le concept du patin à roulettes à 4 roues 2 à 2 du 31 juillet 1869 a pu survivre et se propager jusqu'à nous, après avoir subi de nombreuses modifications. Depuis quelques temps, le roller skating est pratiqué par des milliers de jeunes qui utilisent le patin en ligne, remis au goût du jour par les américains. Saisissant l'opportunité de cette nouveauté, la France a été l'un des premiers pays à utiliser ce patin en ligne en compétition, lors des championnats du monde de course en 1992 puisque ce type de patin s'avère plus rapide. Et avec la renaissance du patin en ligne, de nouvelles disciplines importées des Etats Unis d'Amérique se sont créées (le roller acrobatique, la randonnée en roller et le roller in ligne hockey). Seules deux disciplines ont gardé l'usage du patin à roulettes traditionnel parce qu'il reste nettement plus efficace (le Rink-Hockey et le patinage artistique). Dans le domaine artistique, le frein à l'avant du patin est indispensable pour la réalisation de figures et pour le Rink-Hockey, même si les patins en ligne sont largement plus rapides, les patins traditionnels sont plus compétitifs en ce qui concerne les freinages et les démarrages.

L'origine de ce sport


Le développement du Rink-Hockey va de pair avec la croissance industrielle. En effet, vers la fin du 19ème siècle, les industries commençaient à s'intéresser à la fabrication du patin à roulettes, modernisé par l'invention du roulement à bille. De ce fait, les pratiquants du patin se montraient de plus en plus nombreux. Cependant, cela restait une pratique sauvage qui s'exerçait dans la rue. C'est en 1883, tout au moins à Paris dans le 9ème arrondissement, que les premiers patineurs français s'exerçaient en salle. Mais la véritable origine du Rink-Hockey remonterait vers 1850 dans le comté de Kent en Angleterre. Il n'est pas possible de savoir à quand remonte la première partie de Rink-Hockey mais on sait que les premières règles de jeu étaient bien loin du règlement actuel. En effet, les dimensions du terrain étaient énormes ainsi que la taille des buts, et les équipes étaient composées de 11 joueurs de champs.

C'est en 1875 que "The men hockey association" de Londres va mettre un ordre dans les règles initialement adoptées. Cette association décide de réduire les dimensions du rectangle de jeu et des cages, abaissant aussi de 11 à 7 le nombre de joueurs sur la piste pour une équipe. Plus tard, le 16 janvier 1886, dans les salons de conférences du "Cannon Street Hotel" de Londres, se tient l'Assemblée constitutive de la Hockey Association, premier noyau dirigeant duquel sortira au début du 20ème siècle la fédération anglaise. Et au fil du temps le règlement va se perfectionner. Pour en revenir à la France, la fin du 19ème siècle est marqué par la monté de la pratique du Rink-Hockey dans les rues ou dans des salles pouvant accueillir ce genre de sport. Cette pratique sauvage attirant de plus en plus de monde comme un effet de mode, va rapidement être réglementée.

La naissance d'une fédération de roller skating


Le Rink-Hockey a été pour la première fois réglementé en France par la fédération des patineurs de France, fondée en 1910, sous la présidence de M. MICHAUT (Le siège étant 34 rue de Provence à Paris dans le 9ème arrondissement). Cet organisme s'est éteint en 1914 en raison des évènements puisque tous les dirigeants étaient appelés sous les drapeaux. Ce n'est que durant la saison 1919-20 que le flambeau fut repris par la Fédération Française de Patinage à Roulettes (FFPR) présidé par M. MARECHAL, sous le contrôle de l'USFSA (Union des Sociétés Française des Sports Athlétiques créée en 1889). Mais seulement après quelques années, cette nouvelle fédération commence à semer la zizanie dans le mouvement du Rink-Hockey. Ces décisions sont de plus en plus contestées par les clubs. En 1925, le PHC (Paris Hockey Club), club phare du moment a été supprimé sous un prétexte litigieux. Apparemment le logo du PHC qui était fait d'un coq rouge surmontant deux anneaux tricolores ressemblait trop à l'écusson de l'équipe de France. La fédération a donc obligé cette association de modifier son logo sous peine d'exclusion. Le PHC n'a donc pas souhaité continuer son aventure sportive à travers une telle fédération. C'est pourquoi les membres de ce club vont former, avec le ralliement de deux autres associations mécontentes de l'ancien régime, un second mouvement de Rink-Hockey. Ils vont organiser leurs propres manifestations sportives en créant une section "Skating" au sein de la FFSA (Fédération Française des Sports Athlétiques), fédération dissidente de l'USFSA qui ne s'occupait que du football et de l'athlétisme. D'ailleurs d'autres clubs ne vont pas tarder à rejoindre ce nouveau mouvement.

Nous arrivons donc en 1926 où la fédération internationale de roller skating vit le jour, dont le siège était fixé en Suisse à Montreux et présidé par M. REINKEWITZ. Si la FFPR poursuit ses activités malgré les évènements, ses directives sont toujours de plus en plus contestées. Et plusieurs associations abandonnent encore la FFPR dont la ligue du sud ouest et de celle du Midi-Pyrénées qui vont à eux deux former la Fédération Française de Rink-Hockey (FFRH) qui sera déclarée officiellement le 6 août 1926 sous la présidence de M. BERTHEREAU. Le patinage à roulettes se trouve alors dirigé par trois fédérations, chose frisant la démence, surtout lorsqu'on connaît le petit nombre de clubs pratiquant ce sport à cette époque, et que seule la FFPR qui ne compte plus que quatre clubs est reconnue par le CNS (Comité National des Sports). C'est alors qu'après accord pris entre M. Freddy BARQUE (membre fondateur du PHC et par la suite représentant de la section "Skating") et M. Camille FETLER (secrétaire de la FFRH), il est décidé que les licenciés de la FFSA adhéreraient à la FFRH pour lui donner plus de poids afin de concurrencer la FFPR. Les deux fédérations travaillaient alors chacun de leur côté jusqu'au jour où la FFRH organisa la première édition de la coupe latine disputée du 15 au 17 novembre 1956 à Paris entre les équipes nationales d'Italie, du Portugal, d'Espagne et de la France qui se classèrent dans cet ordre respectif. Ce grand événement sportif va avoir de l'importance puisqu'il montre aux autorités sportives et administratives l'engouement que la FFRH porte pour la promotion du Rink-Hockey.

Ne pouvant pas accepter ce double fonctionnement, le président du CNS, M. Jules RIMET, et le président du COF (Comité Olympique Français), M. Armand MASSARD ont décidé de réunir les représentants de la FFRH et de la FFPR dans les salons de l'école militaire à Paris pour définir laquelle des deux fédérations va pouvoir à elle seule diriger le patinage à roulettes en France. Les deux présidents du CNS et du COF transféraient la reconnaissance officielle à la FFRH présidée par M. BERTHEREAU où le siège de la fédération nouvellement reconnue resterait fixé à Bordeaux. De plus, son correspondant et représentant désigné à Paris serait M. Freddy BARQUE. Ainsi se termina une longue lutte d'influence pour la direction du patinage à roulettes en France. Quelques années après, la FFRH a changer son appellation sous le nom de Fédération Française des Sports de Patinage à Roulettes, puis récemment sous le nom de Fédération Française de Roller Skating. Depuis ce jour, le mouvement fédéral est resté relativement stable même si dans les années 80, il y a eu quelques perturbations qui ont nécessité l'intervention du CNOSF (Comité National Olympique Sportif Français).



© Romain Caillaud
 
 
 
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